USA / MIDTERMS : Trump contraint au rôle du « canard boiteux »
Donald Trump se retrouve plombé jeudi au surlendemain d’une déroute électorale cinglante pour sa présidence et son Parti républicain, les démocrates triomphants s’affichant déterminés à agir au Congrès contre l’envolée du coût de la vie notamment

L’ampleur de la victoire démocrate est historique, que ce soit au Capitole de la capitale fédérale — où la majorité leur est acquise dans les deux chambres — ou dans les parlements locaux.
Au Sénat, pas moins de sept sièges républicains ont changé de bord, notamment au Texas, et ce chiffre pourrait encore augmenter: le décompte des voix n’est pas achevé en Alaska et dans le Mississippi, d’autres Etats qui semblaient imperdables pour la droite américaine.
« Les élections de mi-mandat de 2026 resteront comme l’un des rejets les plus nets d’un président américain, depuis bien avant même que Richard Nixon soit monté dans cet hélicoptère en 1974 », a souligné la chroniqueuse du New Yorker Susan Glasser, en référence au départ du président républicain précipité par le célèbre scandale du Watergate.
– L’inflation, priorité démocrate –
Les 350 millions d’Américains devront attendre le 3 janvier pour découvrir leur nouveau Congrès, dont le Sénat sera en mesure de bloquer les nominations fédérales de Donald Trump.
Quant à la Chambre des représentants, il est probable qu’elle élise comme nouveau « speaker » à sa tête l’Afro-américain Hakeem Jeffries, qui bénéficiera d’une confortable majorité.
Celui-ci a clairement détaillé la feuille de route démocrate, dans une lettre adressée mercredi à ses pairs élus.
« Les démocrates de la Chambre doivent faire tout leur possible pour réduire de manière significative le coût de la vie », peut-on y lire. L’inflation, aggravée par la guerre en Iran, est l’élément déterminant expliquant la bérézina électorale des républicains.
Cinq dossiers sont mis en avant : le logement, la santé, le panier de la ménagère, le prix des carburants et l’aide aux personnes dépendantes.
La deuxième grande priorité affichée par les vainqueurs démocrates conquérants est de contrebalancer le pouvoir qu’ils estiment « hors de contrôle » de l’exécutif, en recourant aux commissions d’enquête parlementaires.
– « Cartel Trump » –
« Nous allons faire rendre des comptes aux escrocs », promet Hakeem Jeffries, en dénonçant « la corruption massive subie par le pays de la part du cartel Trump ».
Le président républicain, qui a dit accepter les résultats du scrutin sans en endosser la responsabilité, est apparu comme déconnecté mercredi, prononçant des paroles à la limite de la divagation sur le site de la future salle de bal de la Maison Blanche, un chantier qui lui est cher.
Jeudi, le milliardaire n’a aucun événement public à son agenda et, paradoxalement, c’est son épouse Melania qui se retrouvera face aux médias, en recevant à Washington des représentants russes et ukrainiens à moins d’une semaine de pourparlers à Abou Dhabi sous médiation américaine pour tenter de trouver une issue au conflit en Ukraine.
Plusieurs ténors du Parti républicain n’ont pas tardé à abandonner leur retenue habituelle pour ne pas froisser Donald Trump, à l’image du gouverneur de Floride Ron DeSantis pour qui la défaite aux « midterms » s’apparente « à une extinction pour les républicains dans de nombreuses régions du pays, inédite depuis un siècle ».
Le vice-président JD Vance s’est lui distancié comme jamais de Donald Trump, en jugeant publiquement que la guerre en Iran était « la raison » de la débâcle.
