GUERRE IRAN / ORMUZ : Bataille pour un bout de mer
L’Iran a menacé ce mercredi de bloquer le trafic maritime en mer Rouge, via les Houthsi du Yémen, si les Etats-Unis continuaient à exercer un blocus sur les ports iraniens, prévenant que le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 8 avril, était en péril.

L’avertissement survient après que le président américain Donald Trump a indiqué que des pourparlers pour mettre fin définitivement à la guerre pourraient reprendre cette semaine. L’Iran a confirmé de son côté que les deux parties continuaient à se parler via le Pakistan.
Un cessez-le-feu de deux semaines est entré en vigueur le 8 avril, après plus de cinq semaines de guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran.
« Je pense que c’est presque fini », a dit mardi soir le président américain sur la chaîne Fox News, assurant que les autorités iraniennes « veulent vraiment parvenir à un accord ».
Un peu plus tôt, il avait mentionné une possible reprise des discussions avec l’Iran, sous l’égide du Pakistan. « Quelque chose pourrait arriver au cours des deux prochains jours », avait-t-il affirmé au New York Post.
Un premier round de discussions à Islamabad, le weekend dernier entre des délégations iranienne et américaine de haut niveau, avait échoué – sans pour autant conduire à une rupture du cessez-le-feu.
– Commerce maritime mondial « à l’arrêt » –
L’Iran a affirmé mercredi que les échanges avec les Etats-Unis se poursuivaient, par l’intermédiaire du Pakistan.
« Aujourd’hui (mercredi), nous devrions très probablement recevoir une délégation pakistanaise », a indiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Mais alors que l’Iran verrouille toujours le très stratégique détroit d’Ormuz, Washington avait renforcé lundi la pression sur Téhéran en imposant un blocus du transit en provenance ou à destination des ports iraniens.
« Les forces américaines ont complètement mis à l’arrêt le commerce maritime » de l’Iran, s’est satisfait tôt mercredi le chef des forces américaines dans la région, Brad Cooper, soulignant qu’environ « 90% de l’économie iranienne » dépendent de celui-ci.
Si les Etats-Unis maintiennent ce blocus et « créent de l’insécurité pour les navires commerciaux de l’Iran et les pétroliers », cela constituera « le prélude » à une violation du cessez-le-feu, a rétorqué le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées iraniennes.
« Les puissantes forces armées de la République islamique ne permettront aucune exportation ou importation dans le Golfe persique, en mer d’Oman ou en mer Rouge », a-t-il ajouté, selon un communiqué diffusé par la télévision d’Etat.
Il n’a pas précisé quelle forme prendrait le blocage en mer Rouge, un autre passage clef pour le commerce mondial – que l’Iran ne borde pas.
Mais Téhéran peut compter sur ses alliés au Yémen, les rebelle houthis, qui ont déjà visé Israël depuis le début du conflit et menacé de s’en prendre aux navires en mer Rouge, qu’ils dominent depuis leurs positions montagneuses stratégiques.
