FRANCE / MÉDIAS : BFMTV, une ligne éditoriale qui se droitise ?
La chaine veut se doter d’une « cellule invités » pour centraliser les demandes d’interviews de responsables politiques et renforcer « la diversité des profils ». Depuis plusieurs mois, les critiques se concentrent particulièrement sur la présentatrice Sonia Mabrouk, qui a rejoint BFMTV cet été en provenance de CNews, chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Dans un message consulté par l’AFP, la direction de CMA Media, groupe auquel appartiennent BFMTV et RMC, annonce « la publication mensuelle d’un baromètre du pluralisme » des antennes pour « rendre compte de la diversité des invités, des intervenants et des courants de pensée ».
Ces décisions « ne constituent ni un changement de ligne éditoriale ni une reconnaissance des accusations portées contre nos antennes mais témoignent de la volonté de défendre nos chaînes, injustement mises en causes », souligne dans ce message Jean-Philippe Baille, directeur général délégué à l’information de CMA Media.
Ce message interne intervient après des réunions lundi et mardi entre la direction et les rédactions de BFMTV et RMC.
BFMTV traverse une période de turbulences. À l’occasion des manifestations en France et après l’attentat raciste de Trappes, la chaîne info a été accusée par Jean-Luc Mélenchon et LFI de relayer des propos racistes, notamment en invitant le responsable d’extrême droite Éric Zemmour (Reconquête), ce qu’elle a vivement contesté. Certains de ses journalistes ont été pris à partie sur le terrain.
En début de semaine, 160 techniciens du groupe RMC BFM ont écrit une lettre ouverte à la direction pour dénoncer « la banalisation progressive des idées d’extrême droite » sur BFMTV.
« Je conteste fermement les accusations insinuant que nos chaines banaliseraient le racisme », écrit M. Baille dans son message interne, en soulignant que la chaîne n’a « reçu aucun signalement de l’Arcom », le régulateur de l’audiovisuel.
« Recevoir une personnalité ne signifie ni partager ses convictions ni cautionner ses propos. Notre responsabilité est de l’interroger, de vérifier ses affirmations et le cas échéant de la contredire par les faits », fait-il valoir.
