CANNES 2026 : Eye Haïdara, maîtresse de cérémonie

L’actrice Franco-Malienne, Eye Haïdara ne s’était « jamais imaginée dans ce rôle-là ». Mardi soir, l’actrice de 43 ans va succéder à Laurent Lafitte en tant que maîtresse de la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes, une marque d’estime et de reconnaissance du 7ème art.

L’an passé, son prédécesseur avait promis « d’injecter un peu d’humour » dans cette soirée au ton traditionnellement solennel, qui réunit tout le gratin du cinéma mondial.

Eye Haïdara prendra le contre-pied : « Je ne suis pas humoriste, donc je veux y aller avec de la sincérité et de la passion », explique-t-elle à l’AFP.

« En tout cas, ce sera moi », prévient la comédienne, en pleine préparation de son discours, aidée de plusieurs plumes choisies avec soin. 

Face à un public venu des quatre coins du monde, dont la plupart ne parlent pas français et ne partagent pas les mêmes références, « on n’est pas sur un spectacle de stand-up, loin de là », s’amuse l’actrice révélée au grand public dans la comédie d’Éric Toledano et Olivier Nakache « Le sens de la fête », sorti en 2018.

– Carrière variée –

Le film, dans lequel elle partageait l’affiche avec des acteurs à la longue carrière comme Jean-Pierre Bacri, Gilles Lellouche ou Jean-Paul Rouve, avait fait 3 millions d’entrées.

Ce nouveau visage du cinéma a ensuite enchainé les projets, collaborant avec Cédric Klapisch, Michel Hazanavicius ou Lisa Azuelos. Récemment, elle était à l’affiche de « La Maison des femmes », de Mélissa Godet, sur une structure d’accompagnement des femmes victimes de violence.

« La comédie sociale m’attire », expliquait-elle en 2022, au moment de la sortie des « Femmes du square », un long-métrage sur des nounous africaines au service de familles bourgeoises qui tentent de défendre leurs droits.

« Si on fait du cinéma, il faut aussi qu’il y ait des cœurs qui battent », poursuit auprès de l’AFP l’actrice qui vient du théâtre et a tourné chez Godard (« Film Socialisme », 2010).

Bientôt à l’affiche d’un film d’espionnage (« Mata »), elle sera aussi à Cannes pour défendre « L’objet du délit », le dernier film d’Agnès Jaoui présenté hors compétition, sur les répétitions d’un opéra perturbées par une accusation d’agression sexuelle. 

« Le cinéma me plait dans sa globalité. Peut-être que le film d’horreur sera moins évident pour moi, encore que… », ajoute celle qui dit ne pas vouloir s’enfermer dans un genre ou un type de rôle.

– Actrice engagée –

Lorsqu’on l’a appelée pour lui proposer d’animer la cérémonie d’ouverture, elle a été « très touchée ». « J’ai dit oui tout de suite. En me disant +t’es folle+, mais en même temps c’est génial, c’est super, c’est joyeux », énumère-t-elle.

Depuis, elle est traversée « de vagues d’émotion un peu diverses et variées mais très fortes: du trac, du stress, de l’angoisse, de la joie, de l’amusement dans le travail, un peu de tout ».

Née en France de parents maliens, Eye Haïdara avait profité de sa participation au festival en 2018 pour dénoncer la sous-représentation des personnes noires au cinéma, en montant les marches aux côtés de 15 autres actrices noires ou métisses.

Première comédienne noire à animer la cérémonie d’ouverture à Cannes, elle a participé à la rédaction du livre « Noire n’est pas mon métier », dénonçant les discriminations et préjugés dans le milieu du cinéma français. 

Dans un récent entretien à France Télévisions, diffuseur de l’évènement, Eye Haïdara a dit avoir eu une pensée pour Jeanne Moreau, la première femme maitresse de cérémonie à Cannes, lorsqu’on lui a proposé le rôle.

Pour elle, Cannes représente « le cinéma du monde, le rendez-vous où j’ai entendu résonner des noms de cinéastes depuis mon adolescence comme les frères Dardenne, Gus Van Sant ».

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