FRANCE / LYHANNA : Le scandale de la pédocriminalité qui gangrène le pays

Le meurtre de la collégienne de 11ans dans le Gers n’est pas juste un fait divers comme il en existe des milliers dans le pays, il est signal d’alarme du scandale de la pédocriminalité qui gangrène le pays, un scandale que les hommes te femmes politiques au pouvoir n’ont jamais voulu traiter à la racine

Au balcon de la mairie de Fleurance, les drapeaux étaient en berne, vendredi matin, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Dans cette petite ville de 6.000 habitants, au cœur d’un territoire rural et vallonné, une marche blanche avait réuni dimanche plusieurs milliers de personnes, en hommage à la petite fille. 

Devant le collège Hubert-Reeves, où elle a été aperçue pour la dernière fois le 29 mai, montant dans la voiture du principal suspect, Jérôme Barella, plusieurs dizaines de bouquets de fleurs, des bougies et des peluches étaient posés au pied d’un cèdre du Liban, où une pancarte rendait « hommage à Lyhanna et à tous les enfants victimes ».

Sandy Lannes, 45 ans, « maman, grand-maman et tatie », « vient tous les soirs rallumer les bougies pour Lyhanna ».

« C’est important de rallumer ces bougies. J’espère que ça ne tombera pas dans l’oubli avec la Coupe du monde », ajoute cette mère de deux enfants et grand-mère de trois petits-enfants, « dont quatre filles », tient-elle à préciser.

« Ca serait bien que la loi intégrale soit votée », dit-elle encore, faisant référence à une proposition de loi globale sur les violences sexistes et sexuelles portée par une coalition transpartisane de députés dont la mise en œuvre est chiffrée à 2,7 milliards d’euros.

« Les citoyens et citoyennes de Fleurance qui ont manifesté leur soutien sont les bienvenus » aux obsèques prévues à 14h30 et des « prises de parole du cercle proche » auront lieu, a indiqué dans un communiqué la mairie de Fleurance.

L’inhumation se fera au cours d’une « cérémonie privée », « dans l’intimité de la famille », a-t-elle précisé. 

Michel Baylac, président de l’association des maires de France dans le Gers, a par ailleurs lancé un appel dans la semaine à observer un « moment de recueillement » à l’heure des obsèques.

L’idée, c’est d' »être en communion avec la famille aujourd’hui, au même moment, et sans troubler l’intimité familiale (…) tout simplement pour dire qu’on pense à Lyhanna », a-t-il déclaré à l’AFP. 

« Et après, le fait qu’on ait mis en berne les drapeaux, le drapeau français en particulier, c’est pour dire qu’il y a des choses à faire », a-t-il dit, ajoutant: « Aujourd’hui, il faut revoir (…) ce qui a conduit aux dysfonctionnements et encourager ceux qui ont en charge le pouvoir, ou qui l’auront demain, ainsi que les parlementaires, bien évidemment, à légiférer, à trouver les moyens pour que cela ne se reproduise plus ».

Des motards se sont par ailleurs donné rendez-vous à Auch en fin de matinée, afin de former un cortège vers Fleurance « pour la petite Lyhanna partie beaucoup trop tôt ».

– Pédoland ? –

Dans l’enquête sur la mort de la collégienne, le suspect numéro un est Jérôme Barella, un père de famille de 41 ans dont la fille aînée était amie de Lyhanna. Interpellé par les gendarmes le lendemain de la disparition, il est en détention provisoire depuis sa mise en examen pour enlèvement le 1er juin.

Depuis une semaine que la société française est secouée par la mort de cette collégienne de 11 ans, dans le Gers, dont le principal suspect, Jérôme Barella, n’a jamais été arrêté ni convoqué malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur mineures, des femmes de gauche répètent « la réalité des chiffres »: selon l’Insee, 97% des infractions à caractère sexuel recensées en France sont perpétrées par des hommes. 

« C’est un sujet que la société a beaucoup de mal à aborder », a reconnu jeudi sur France 2 Céline Thiébault-Martinez, députée socialiste qui a travaillé pendant un an sur une proposition de loi globale et transpartisane contre les violences sexistes et sexuelles, dite « loi intégrale ». Et elle a évoqué « la manière dont nous éduquons les hommes ».

– « Systémique » –

Une position partagée par la cheffe des députés Insoumis Mathilde Panot pour qui ces violences contre les femmes et les enfants sont le « résultat de la domination patriarcale systémique ». « Personne ne vous parle jamais de comment est-ce qu’on évite ces violences », a-t-elle protesté sur BFMTV mercredi.  

Constatant « un continuum sur le fait que notre société ne traite pas bien les enfants, ne traite pas bien les femmes », la responsable écologiste Marine Tondelier a, sur le même plateau, dénoncé « un contexte patriarcal ». 

Toutes deux évoquent l’impératif de mieux éduquer les enfants contre ces violences, en enseignant l’intégrité du corps et le consentement dès la maternelle. 

Elles critiquent les baisses de subventions aux associations comme le Planning familial et privilégient l’accompagnement psychologique des auteurs d’actes pédophiles, plutôt que la seule répression mise en avant à droite de l’échiquier politique.

Dans leur bouche, revient le terme « systémique » pour décrire un construit culturel et historique qui irrigue toutes les couches et tous les âges de la société. 

Cette situation a été dénoncée dans les nombreux rassemblements populaires cette semaine, où l’on trouvait très majoritairement… des femmes. 

– « Privilèges » –

Comme en contrepoint, des responsables de droite, des hommes pour la plupart, ont égrené les mesures selon eux indispensables – législatives ou réglementaires – à prendre pour sanctionner les auteurs de violences sexuelles et les éloigner de leurs victimes potentielles. 

Sébastien Lecornu a annoncé un allongement des peines de prison ou l’obligation pour les juges de motiver un classement sans suite dans les affaires concernant les mineurs. 

Tous pointent la « responsabilité individuelle » des magistrats qui ont tardé à traiter le cas de Jérôme Barella et l’urgence d’alourdir l’arsenal répressif. 

« Cette logique de déresponsabilisation qui vient souvent d’idéologues de gauche, qui expliquent que c’est « le patriarcat », le terme « systémique » qu’on entend partout, comme si la société française, la civilisation française tolérait ces violences », a balayé le député RN, proche de Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy. 

Pour la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, cette divergence a des explications historiques et culturelles.

« Les racines de l’expertise des femmes de gauche aujourd’hui et de leur réactivité sur ce sujet viennent de ce lien historique avec les associations féministes, dans la contestation de l’ordre établi », assure-t-elle à l’AFP. 

D’autant plus que la majorité des faits de violence sexuelles interviennent dans un contexte familial. Or « à droite, la famille est une institution magnifiée », rappelle l’ancienne ministre, pour qui « on n’entend pas une personnalité de droite parler du patriarcat ». 

Pointer des responsabilités individuelles permet de ne « pas interroger ce qui est systémique », analyse-t-elle, et de protéger « les privilèges dont bénéficient les hommes depuis tout petit ». 

Un fait de société plus qu’un fait d’un individu.

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