USA / UNIVERSITÉS : Harvard humilie Trump

Après un gèle plus de 2,2 milliards $ de subventions fédérales, Donald Trump a accentué ses critiques à l’égard de Harvard, menaçant de la priver du droit d’accueillir des étudiants étrangers. Mais l’université au 162 prix Nobel ne cède pas et réplique par une fin de non recevoir ferme. Une humiliation pour Trump.

CNN et le Washington Post, ont indiqué mercredi que Donald Trump avait formellement demandé aux services fiscaux de supprimer l’exemption d’impôts accordée à Harvard. Pour l’actuelle l’administration la prestigieuse institution « recrute essentiellement « des gauchistes radicaux, des idiots et des cervelles de moineau »

Dans le viseur de conservateurs à l’offensive contre les universités américaines qu’ils considèrent trop à gauche. Des attaques qui ont redoublé au printemps 2024 lors des mobilisations étudiantes propalestiniennes contre la guerre menée par Israël à Gaza.

Située dans l’agglomération de Boston, qui compte environ 30.000 étudiants et qui a formé 162 lauréats de prix Nobel, est en tête depuis des années du classement mondial de Shanghai des établissements d’enseignement supérieur.

L’université privée est dotée d’un immense patrimoine de plus de 50 milliards de dollars, bénéficie d’une exemption vis-à-vis du fisc fédéral et de l’Etat du Massachusetts.

Donald Trump accuse l’université et ces autres institutions de laisser prospérer l’antisémitisme sur leurs campus, et son gouvernement leur a demandé de mettre en place toute une série de mesures — dont un « audit » des opinions des étudiants et du corps enseignant — faute de quoi l’Etat fédéral couperait ses subventions.

« si Harvard ne peut pas prouver qu’elle est en pleine conformité avec ses obligations de déclaration, l’université perdra le privilège d’inscrire des étudiants étrangers », a renchérit le ministère américain de la Sécurité intérieure dans un communiqué.

Mais il a obtenu une fin de non recevoir de Harvard. Dans une lettre adressée aux étudiants et aux enseignants, le président de l’université, Alan Garber, avait rappelé lundi que l’institution avait déjà engagé des actions contre l’antisémitisme depuis plus d’un an et assuré qu’elle n’abandonnerait pas « son indépendance, ni ses droits garantis par la Constitution », comme le Premier amendement sur la liberté d’expression.

« Aucun gouvernement, quel que soit le parti au pouvoir, ne doit dicter aux universités privées ce qu’elles doivent enseigner, qui elles peuvent enrôler et embaucher, ni sur quelles matières elles peuvent mener des recherches », a-t-il ajouté.

Cette prise de position a provoqué le gel de 2,2 milliards de subventions fédérales, avec effet immédiat: Sarah Fortune, une chercheuse reconnue, s’est vu ordonner l’arrêt de ses recherches sur la tuberculose par la structure fédérale qui la finance, les NIH, a fait savoir à l’AFP l’école de santé publique d’Harvard.

La réponse ferme d’Harvard a été saluée par des centaines de professeurs et plusieurs figures du Parti démocrate, dont Barack Obama, l’ancien président saluant un « exemple » et espérant que d’autres « institutions » suivront cette voie.

Harvard se distingue de Columbia à New York, qui a accepté d’engager de profondes réformes, vues par certains comme une capitulation devant l’administration Trump. 

Columbia a néanmoins assuré qu’elle refuserait « tout accord qui nous ferait renoncer à notre indépendance ».

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