NOUVELLE-CALÉDONIE : une situation politique plus tendue que la situation sécuritaire
Un homme a été tué samedi en Nouvelle-Calédonie dans un échange de coups de feu sur un barrage, ce qui porte à six le nombre de morts depuis le début des émeutes causées par une réforme électorale à l’origine de la colère

Depuis le début de la semaine, les violences insurrectionnelles en Nouvelle-Calédonie, les plus graves survenues dans ce territoire du Pacifique sud depuis les années 80, ont fait six morts dont deux gendarmes et quatre civils (trois Kanak et un Caldoche), et des centaines de blessés, selon les autorités.
Il s’agit du premier mort dans des faits survenus en dehors de l’agglomération de Nouméa, la « capitale » calédonienne, où s’étaient concentrées jusque-là des émeutes ayant une dimension essentiellement urbaine.
Les faits se sont produits à 14h30 (5h30 à Paris), selon deux sources proches du dossier. D’après l’une d’elles, des tirs ont été échangés quand deux Caldoches (Calédoniens d’origine européenne) d’une même famille ont voulu passer un barrage érigé par des émeutiers: le père est décédé, son fils a été blessé, ainsi qu’un Kanak (Calédonien d’origine autochtone mélanésienne).

La réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres a été adoptée par les députés, après les sénateurs, dans la nuit de mardi à mercredi.
Ce texte devra encore être voté par les parlementaires réunis en Congrès, sauf si un accord sur un texte global entre indépendantistes et loyalistes intervient avant.
Des discussions ont lieu à Paris sur l’avenir de cette réforme, menée sans suffisamment de concertation d’après de nombreux élus calédoniens.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet et le président du Sénat, Gérard Larcher, avec plusieurs parlementaires de tous bords politiques, ont demandé vendredi lors d’une réunion à Matignon une mission de dialogue. L’idée de reporter la convocation du Congrès qui doit entériner la réforme ne fait pas consensus, selon plusieurs sources parlementaires.
La réforme élargit le corps électoral aux scrutins provinciaux, cruciaux sur l’archipel. Les partisans de l’indépendance estiment que cette modification va réduire leur poids électoral et marginaliser « encore plus le peuple autochtone kanak ».
