NETANYAHU : Le pari fou d’un « criminel de guerre »
Rester au pouvoir à tout prix quitte à sacrifier sa propre population, remodeler le Proche et Moyen-Orient à sa guise quitte à embraser une région voir tout un monde déjà en fragile équilibre. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu réussit l’exploit d’être l’unique chef de gouvernement dans le monde à être sous mandat d’arrêt international pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » et continuer de bénéficier du soutien de certains pays de la communauté internationale.

Dans la nuit du jeudi à vendredi 13 juin il décide unilatéralement en dehors du droit international de lancer une attaque sur l’Iran afin, dit-il, de l’empêcher d’avoir l’arme nucléaire. Alors qu’il s’agit d’une attaque d’un pays, Israël, non signataire du TNP ( traité de non prolifération) et détenteur de l’arme nucléaire, sur un pays, l’Iran, pays signataire du TNP et non détenteur de l’arme nucléaire, Ce qui ne semble déranger aucunement la communauté internationale qui n’émet la moindre condamnation.
Bon nombre de pays, dont les membres du G7, ont mis en avant le rapport de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) sur les risques que représentent l’Iran sur le point d’avoir une arme nucléaire.
– Que dit vraiment l’AIEA ? –
Si le dernier rapport de l’AIEA parle bien d’un enrichissement de l’uranium à hauteur de 60%, à aucun moment il parle d’un calendrier pour l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire. Pour Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique : « parler d’un calendrier pour arriver à la fabrication d’une arme nucléaire est de la pure spéculation » et d’ajouter « nous n’avons aucune indication qu’il existe un programme systématique en Iran visant à fabriquer une arme nucléaire »
Pour Netanyahu, l’essentiel est que son narratif sur un Iran sur le point d’avoir l’arme nucléaire soit repris par les plus grande chancelleries et ce peu importe que c’est le même argument qu’il évoque depuis 1996 sans discontinue.
Ainsi sur un argument qui date plus de trente ans, et en dehors de tout cadre légal, un pays étranger est attaqué.
– D’une pierre, plusieurs coups –
La veille de l’attaque sur l’Iran, la coalition d’extrême droite de Netanyahu a failli voler en éclat. fragilisé en interne par sa conduite de la guerre à Gaza ou de plus en plus de voix de part la monde dénoncent un « génocide », Il a échappé à une motion de censure d’une seule et unique voix.
Le déclenchement de la guerre avec l’Iran a ainsi permis au premier ministre israélien de rester au pouvoir, de resserrer les rangs derrière lui, de mettre aux oubliettes le « génocide à Gaza » et cerise sur la gâteaux : reléguer aux calendes grecques la conférence à l’ONU sur la reconnaissance de l’État Palestiniens.
Rester au pouvoir à tout prix est la première motivation du premier ministre israélien, c’est une motivation qui passe au delà de la sécurité de ses propres concitoyens.
