GUERRE IRAN / ÉCONOMIE : La déflagration mondiale
En plus de son cortège funèbre de morts civiles, la guerre au Moyen-Orient, déclenché par Trump sous l’impulsion et influence de Netanyahu, a engendré des conséquences incalculables pour des années sur l’économie mondiale

Les marchés financiers accueillent prudemment le déblocage des réserves stratégiques de pétrole de certains pays du G7 pour faire face à la flambée du brut provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
L’Allemagne a annoncé dans la matinée qu’elle libérerait une partie de ses réserves de pétrole pour diminuer la pression sur les prix, à quelques heures de la réunion de chefs d’État et de gouvernement du G7 sur la question.
Ces annonces « s’inscrivent dans une réflexion coordonnée », a précisé dans la foulée le ministre français de l’Economie, Roland Lescure.
Après avoir grimpé de plus de 5% plus tôt, le baril de WTI, référence du marché américain, ne prenait plus que vers 2,05% à 85,16 dollars, dans la foulée de ces annonces à 11H20 GMT.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, ne grimpait plus que de 1,95% à 89,51 dollars.
Du côté des Bourses, les indices européens reculaient, mais moins fortement qu’en début de séance. Après avoir cédé plus de 1%, Paris perdait 0,30%, Francfort 0,77% et Milan 0,30%. Londres cédait 0,51%.
A Wall Street, les contrats à terme sur les principaux indices présageaient une ouverture en légère hausse.
– « Très difficile à prévoir » –
Les cours des hydrocarbures grimpent depuis le début du conflit, le brut ayant même frôlé les 120 dollars le baril en début de semaine, en raison des perturbations que le conflit provoque dans ce détroit où transite 20% de la production mondiale.
Les ministres de l’Energie du G7 avaient déjà affirmé dans un communiqué commun mercredi être « prêts » à prendre « toutes les mesures nécessaires », face à cette hausse des prix, en coordination avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Reste que l’incertitude demeure et les investisseurs restent prudents.
« Les événements liés à la guerre en Iran continuent de se précipiter et demeurent très difficiles à prévoir », relève Andreas Lipkow, analyste pour CMC Market.
Depuis une dizaine de jours, les marchés vivent au rythme de la guerre au Moyen-Orient, démarrée le 28 février par les frappes israélo-américaines sur l’Iran suivies de représailles de Téhéran contre plusieurs pays de la région.
Les indices boursiers avaient nettement rebondi en Europe mardi après que le président américain eut assuré que le conflit était « quasiment » fini, provoquant un recul des prix du pétrole.
Mais « les investisseurs attendent maintenant des preuves concrètes » et « un retour au calme dans le détroit d’Ormuz », indique John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion Private Bank.
Cela ne semble d’ailleurs toujours pas d’actualité: un navire marchand thaïlandais a été attaqué mercredi près du détroit et des opérations sont en cours « pour secourir » trois des 23 membres d’équipage, a annoncé la marine thaïlandaise.
– Les taux grimpent-
Signe de tension: les taux d’intérêt de la dette souveraine des pays européens repartent à la hausse, face aux craintes d’un regain d’inflation sur le continent en raison de la flambée des prix de l’énergie.
Vers 11H20 GMT, le taux d’intérêt à échéance dix ans de la dette allemand, référence en Europe, atteignait 2,88%, contre 2,83% la veille en clôture. Son équivalent français grimpait à 3,50%, contre 3,44% mardi soir.
Dans ce contexte, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a affirmé mardi que l’institution monétaire ferait tout ce qui est « nécessaire » pour que « l’inflation soit sous contrôle » face à la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Hors zone euro, le taux d’intérêt britannique à échéance dix ans atteignait 4,62%, contre 4,55%.
Sur le marché des changes, le dollar restait stable (-0,15% à 1,1607 dollar pour un euro).
Du côté des valeurs, Rheinmetall, premier groupe allemand de défense, reculait de 3,48% à Francfort, après avoir annoncé des prévisions légèrement en deçà des attentes pour 2026 sur son résultat opérationnel notamment, selon une note de la banque Berenberg.
– Le Japon débloque des réserves de pétrole
Le Japon puisera dans ses réserves de pétrole dès lundi afin d’atténuer la pression sur les prix de l’essence et des autres énergies, a déclaré mercredi la Première ministre Sanae Takaichi.
« Sans attendre de décision officielle de l’AIE concernant une libération coordonnée des stocks internationaux, le Japon a décidé de prendre l’initiative d’alléger l’offre et la demande sur le marché international de l’énergie en libérant ses réserves stratégiques dès le 16 de ce mois », a indiqué Mme Takaichi aux journalistes.
– Le pétrole repart à la hausse, les Bourses à la baisse –
Les cours du pétrole ont repris leur hausse mercredi alors qu’ils avaient reculé mardi après des propos jugés rassurants de Donald Trump et la perspective d’un déblocage des réserves stratégiques de brut de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Vers 11H00 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord remontait de 3,19%, à 90,60 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 3,67%, à 86,51 dollars.
Les Bourses européennes repartaient à la baisse, Paris lâchant 0,42% et Londres 0,82% alors que les places financières asiatiques ont fini nettement dans le vert.
– Des navires marchands touchés près du détroit d’Ormuz –
Photo diffusée le 11 mars 2026 par la Marine royale thaïlandaise montrant de la fumée s’élevant du vraquier thaïlandais « Mayuree Naree » près du détroit d’Ormuz après une attaqueUn porte-container, un cargo et un vraquier ont été tour à tour touchés mercredi par des « projectiles inconnus », selon l’agence maritime britannique UKMTO, qui a répertorié 14 incidents visant des navires depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février.
La marine thaïlandaise a annoncé qu’un vraquier avait « été attaqué alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz ».
– La Grèce plafonne les marges sur les prix des carburants –
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé la mise en place dès ce mercredi de l' »imposition d’un plafond sur les marges bénéficiaires sur les carburants et sur les produits des supermarchés »afin d’éviter la spéculation sur les prix.
Il a toutefois exclu pour l’instant des mesures plus conséquentes prises par deux autres pays de l’Union européenne, la Croatie et la Hongrie, qui ont plafonné les prix des carburants.
– Réunion du G7 à la demande de Macron –
Le G7 ce mercredi évoquera « sans doute » la question des stocks stratégiques de pétrole, a indiqué le ministre français de l’Economie Roland Lescure sur l’antenne de BFMTV/RMC, après que les différents ministres de l’Energie du G7 ont affirmé être « prêts » à prendre « toutes les mesures nécessaires », en coordination avec l’AIE.
« À ce stade, la décision n’est pas prise de libérer ce qu’on appelle nos stocks stratégiques mondiaux », a toutefois souligné M. Lescure. La réunion est prévue à 15H00 (14H00 GMT) en visioconférence.
– Possible intervention concertée face à la flambée du pétrole
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) propose un recours sans précédent aux réserves stratégiques de pétrole afin d’enrayer la flambée des prix, a rapporté le Wall Street Journal.
Ce déblocage dépasserait les 182 millions de barils de pétrole mis sur le marché par les pays membres de l’AIE en deux phases en 2022, au moment de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, précise le journal qui cite des responsables proches du dossier.
– « Un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance » en France –
La guerre au Moyen-Orient devrait entraîner « un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance », a déclaré mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, sur la radio RTL.
Mais « l’inflation en France restera basse. Je lis parfois le mot de stagflation, qu’on entend beaucoup ces derniers jours. Ça n’est pas la stagflation ».
– Drones neutralisés par l’Arabie saoudite
Le ministère de la Défense saoudien a dit mercredi avoir neutralisé deux drones qui se dirigeaient vers le champ pétrolier de Shaybah, dans l’est du pays. Ce gisement géant, situé près de la frontière des Emirats arabes unis, a déjà été visé à plusieurs reprises par l’Iran.
