GAZA : L’enfer sans fins des civils

L’armée israélienne a repris ses bombardements contre la bande de Gaza, frappant dans la nuit de lundi à mardi un hôpital faisant plusieurs victimes dont un journaliste. La population civile fait face, en plus des bombardements, à une horrible famine organisée et assumée aux yeux du monde entier par le gouvernement Netanyahu. Un monde dont le silence devient assourdissant.

Alors que Donald Trump entame mardi une tournée au Moyen-Orient, la libération du seul otage vivant ayant la nationalité américaine qui était encore retenu à Gaza avait offert un rare répit à ses habitants.

Mais l’armée israélienne a annoncé tôt mardi matin avoir frappé « un centre de commandement et de contrôle situé dans l’hôpital Nasser à Khan Younès », dans le sud du territoire palestinien. 

Toute la population risque d’être d’ici septembre en situation de crise « ou pire » en terme d’insécurité alimentaire, et 470.000 personnes, soit 22% du total, en situation de « catastrophe », indique ce rapport, fruit du travail d’ONG, institutions et agences de l’ONU spécialisées.

« Après 19 mois de conflit, la bande de Gaza est toujours confrontée à un risque critique de famine. (…) Des produits indispensables à la survie des gens sont soit épuisés, soit devraient manquer dans les semaines à venir. Toute la population est confrontée à de hauts niveaux d’insécurité alimentaire aigüe, un-demi million faisant face à de l’inanition », souligne le rapport de ce partenariat créé en 2004 pour évaluer la situation alimentaire dans les pays en crise.

Pour la période du 1er avril au 10 mai, le consortium, qui classe le niveau d’insécurité alimentaire selon cinq niveaux, a classé 1,95 million de personnes (93% du total) en situation de « crise » (niveau 3) « ou pire », dont 925.000 en niveau 4 (urgence) et 244.000 personnes en situation de catastrophe (niveau 5).

« C’est une détérioration significative par rapport à la précédente analyse » publiée en octobre, note le rapport.

– « Effondrement de l’agriculture » –

« Avec l’expansion annoncée des opérations militaires à travers la bande de Gaza, l’impossibilité persistante pour les agences humanitaires d’accéder à des populations en grand besoin, une escalade anticipée des hostilités et les déplacements continus de populations, le risque de famine dans la bande de Gaza n’est pas juste possible – il est de plus en plus probable », ajoute-t-il.

Dans la foulée de cette publication, l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a appelé à « la restauration immédiate de l’accès humanitaire et à la levée des blocus », « face au risque imminent de famine, à l’effondrement quasi total de l’agriculture et à la possible apparition d’épidémies meurtrières ».

L’aide humanitaire est essentielle aussi pour maintenir une production alimentaire minimale, notamment l’élevage (kits vétérinaires, aliments pour animaux…), dernière source accessible de lait, œufs et viande pour de nombreuses familles, souligne la FAO.

En guerre contre le Hamas depuis l’attaque sans précédent perpétrée par le mouvement islamiste palestinien le 7 octobre 2023, Israël bloque depuis le 2 mars l’entrée de toute aide à Gaza, et affirme qu’il n’y a pas de crise humanitaire sur le territoire. L’Etat a annoncé le 5 mai un plan de « conquête » prévoyant un déplacement interne de la population.

« Des familles à Gaza ont faim alors que la nourriture attend à la frontière », a souligné lundi la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, pour qui « la communauté internationale doit agir urgemment pour permettre à l’aide de revenir à Gaza. Si nous attendons qu’une famine soit confirmée, il sera trop tard pour beaucoup de personnes ».

L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. A ce jour 57 personnes sont encore retenues à Gaza, dont 34 seraient mortes.

Les représailles israéliennes ont fait au moins 52.862 morts à Gaza, en majorité des civils, selon des données publiées dimanche par le ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

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