GAZA / « GÉNOCIDE » : Netanyahu n’a aucune limite

Les atrocités perpétrées à Gaza par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sous le regard passif de la communauté internationale, restera comme une tache indélébile dans l’histoire du 21ème siècle.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué sur X que des soldats israéliens étaient entrés dans la résidence du personnel de l’agence onusienne. 

Ces militaires ont « (forcé) des femmes et des enfants à évacuer les lieux à pied », tandis que « le personnel masculin et des membres de leur famille ont été menottés, déshabillés, interrogés sur place et contrôlés sous la menace d’une arme », a décrit M. Tedros.

Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), entre 50.000 et 80.000 personnes se trouvaient alors dans la zone, où la Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état lundi de tirs d’artillerie.

Des familles entières se sont mises en route, transportant leurs affaires à bout de bras ou sur des charrettes tirées par des ânes en direction du sud, d’après des correspondants de l’AFP sur place.

– « Aucun endroit sûr » – Hamdi Abou Moughsib, 50 ans, raconte à l’AFP que lui et sa famille ont fui dès l’aube vers le nord, après une nuit de bombardements intenses.

« Nous avons vu des chars avancer sur plus d’un kilomètre depuis Khan Younès (sud) en direction du sud-est de Deir al-Balah (…). Il n’y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza », affirme-t-il.

Selon l’OCHA, 87,8% du territoire de Gaza sont désormais soumis à un ordre d’évacuation israélien ou inclus dans une zone militarisée israélienne.

« Il y a plusieurs blessés, mais personne ne peut accéder à la zone pour les évacuer », a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile de Gaza.

Selon lui, au moins 15 personnes ont été tuées depuis l’aube dans différents secteurs de la bande de Gaza.

Les ministres des Affaires étrangères de 25 pays – parmi lesquels figurent la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie – ont appelé à ce que la guerre à Gaza cesse « immédiatement ».

« La souffrance des civils à Gaza a atteint de nouveaux sommets », estiment-ils dans un communiqué conjoint, dénonçant « le refus du gouvernement israélien de fournir une aide humanitaire essentielle à la population ».

Le directeur de l’OMS, qui a également condamné lundi l’attaque du principal entrepôt de l’OMS à Deir el-Balah, a fait écho à cet appel sur X: « Un cessez-le-feu n’est pas seulement nécessaire, il n’a que trop tardé ».

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est lui « atterré » par les conditions humanitaires à Gaza, a déclaré lundi son porte-parole Stéphane Dujarric.

– « Choquées » –

Selon l’ONU, les quelque 2,4 millions d’habitants de Gaza sont menacés de famine après plus de 21 mois de conflit, déclenché par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023.

L’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) s’est alarmée lundi d’une malnutrition grandissante dans le territoire palestinien. « Levez le siège et laissez l’aide humanitaire entrer », implorait-elle.

« Les bombardements ont lieu tout autour de notre bureau, et les véhicules militaires se trouvent à seulement 400 mètres de nos collègues et de leurs familles », a raconté Mai Elawawda, chargée de communication à Gaza pour l’ONG médicale britannique Medical Aid for Palestinians.

L’ONG Handicap International a alerté aussi mardi sur la situation des travailleurs humanitaires « à bout de forces ». « Privés de nourriture, d’eau, de médicaments et de carburant, ils peinent à poursuivre leurs activités essentielles », dit-elle dans un communiqué. « sans réponse immédiate, c’est l’ensemble de la chaîne d’aide humanitaire qui risque de s’effondrer ».

Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas commenté.

En Israël, des familles d’otages retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023 se sont dites « choquées » par les informations faisant état d’une offensive de l’armée dans le secteur de Deir el-Balah, craignant pour la sécurité de leurs proches.

La France, sans entamer aucune action concrète, se contente de demander que « la presse libre et indépendante puisse accéder à Gaza pour montrer » ce qu’il se passe dans le territoire en danger de famine après 21 mois de guerre selon l’ONU et des ONG.

Illustration parfaite de l’inaction française, Le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot dit condamner « avec la plus grande fermeté » la « déplorable » extension de l’offensive israélienne à Gaza lancée lundi, « qui va aggraver une situation déjà catastrophique ». Des mots, encore des mots car dans les faits, la France et l’UE n’ont adopté aucune sanction ni à l’encontre d’Israël, notamment en révisant l’accord de partenariat commercial , ni à l’encontre de Benjamin Netanyahu qui, à plusieurs reprises, été autorisé à survoler l’espace aérien européen alors qu’il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la CPI.

A titre de comparaison la France et l’UE ont adopté, a juste titre, 18 paquets de sanctions contre la Russie et Vladimir Poutine âpres l’invasion illégal de l’Ukraine en Février 2022.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *