GAZA / « GÉNOCIDE » : L’horreur continue
Après bientôt 20 mois d’une guerre dévastatrice, la pression internationale se renforce pour y mettre fin. Mais le vote au Conseil de sécurité de l’ONU d’un appel au cessez-le-feu immédiat et à l’accès humanitaire à Gaza s’est heurté au veto lunaire des États-Unis, tandis que, sur le terrain Netanyahu poursuit les massacres de civils.

La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé la mort d’au moins 48 personnes mercredi dans des bombardements israéliens. Parmi les victimes, 14 sont mortes dans une frappe israélienne à l’aube dans l’ouest de Khan Younès (sud).
Après plus de deux mois et demi de blocage, Israël autorise à nouveau depuis le 19 mai l’entrée à Gaza d’une quantité très limitée de camions de l’ONU. Cette dernière parle d’une « goutte d’eau » dans l’océan des besoins dans le territoire palestinien et estime que les quelque 2,4 millions d’habitants sont menacés de famine.
En parallèle, la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation au financement opaque soutenue par Israël et les Etats-Unis, a mis en place des centres de distribution d’aide dénoncés par l’ONU comme contraires aux principes humanitaires.
Mais après une série d’événements de tirs mortelles provenant de l’armée israélienne sur des civils ces derniers jours à proximité de ses sites, la GHF a annoncé mardi soir leur fermeture, censée initialement durer au départ une seule journée et justifiée par « des travaux de rénovation, réorganisation et amélioration de l’efficacité ».
Elle a indiqué dans la nuit de mercredi à jeudi que la réouverture n’aurait pas lieu jeudi matin à l’heure habituelle, sans donner de nouveau calendrier.
– Résolution de cessez-le feu bloquée à l’ONU –
Les États-Unis, principal fournisseur d’armes d’Israël, ont une nouvelle fois empêché mercredi le Conseil de sécurité de l’ONU de réclamer un cessez-le-feu et l’accès humanitaire à Gaza en s’opposant à un projet de résolution réclamant « un cessez-le-feu immédiat et permanent », ainsi que « la levée de toutes les restrictions à l’entrée d’aide humanitaire à Gaza et sa distribution sûre et sans entrave à grande échelle », y compris par l’ONU, selon le texte.
Mardi, 27 personnes en route vers le centre de la GHF de Rafah (sud) ont été tuées quand des soldats israéliens ont ouvert le feu « sur des milliers de civils » rassemblés à plusieurs centaines de mètres, selon la Défense civile.
Londres a appelé mercredi à une « enquête immédiate et indépendante », faisant écho à une demande du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.
– Voilier pour Gaza –
Pour apporter de l’aide humanitaire, un voilier de la Coalition de la flottille pour la liberté, avec la militante écologiste suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée française de gauche Rima Hassan à son bord, est parti dimanche d’Italie en direction de Gaza.
L’organisation militante a « condamné fermement l’intention déclarée d’Israël d’attaquer le Madleen », le qualifiant de « menace ». « Le Madleen transporte de l’aide humanitaire et des défenseurs internationaux des droits humains, ce qui constitue un défi direct au blocus illégal d’Israël, qui dure depuis des décennies, et au génocide en cours », a fait valoir la Coalition dans un communiqué.
L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles.
Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 57 sont toujours retenues à Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes.
Plus de 54.607 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.
