GAZA / « GÉNOCIDE » : 21 enfants morts de faim en 72 heures

100 ONG lancent une Alerte sur une « famine de masse » à Gaza. Un hôpital de l’enclave palestinienne a affirmé ce mardi que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures, s’ajoutant au 1000 personnes tuées selon l’ONU par l’armée israélienne lors de la distribution de nourriture par l’opaque fondation GHF qui n’a d’humanitaire que le nom.

Selon le directeur de l’hôpital al-Chifa à Gaza-Ville, Mohammed Abou Salmiya, les décès de 21 enfants « morts de malnutrition ou de faim » ont été enregistrés en 72 heures dans différents établissements y compris le sien, l’hôpital des Martyrs d’al-Aqsa à Deir el-Balah et l’hôpital Nasser à Khan Younès.

« A chaque moment, de nouveaux cas de malnutrition et de famine parviennent aux hôpitaux de Gaza », a ajouté le médecin.

A l’hôpital Nasser, dans le sud de Gaza, des images de l’AFP ont montré des parents pleurant sur la dépouille de leur fils de 14 ans, Abdul Jawad al-Ghalban, mort de faim, dont le corps squelettique venait d’être enveloppé dans un sac mortuaire blanc.  

La Défense civile a annoncé mardi que des frappes israéliennes avaient fait 15 morts, dont 13 dans le camp d’Al-Shati, dans le nord de Gaza, qui abrite des milliers de déplacés.

Raed Bakr, père de trois enfants âgé de 30 ans, a décrit « une explosion massive » qui a soufflé leur tente en pleine nuit.

« J’ai cru être dans un cauchemar. Du feu, de la poussière, de la fumée et des morceaux de corps projetés en l’air, des débris partout. Les enfants criaient », a témoigné à l’AFP Bakr, dont la femme a été tuée l’année dernière.

– « Nuit de terreur » –

Muhannad Thabet, 33 ans, a décrit « une nuit de terreur » dans ce camp, « des frappes aériennes et des explosions ininterrompues ».

La Défense civile a également fait état mardi de la mort de deux personnes à Deir el-Balah, dans le centre du territoire, où Israël avait annoncé la veille étendre ses opérations et appelé la population à évacuer.

Selon le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), entre 50.000 et 80.000 personnes se trouvaient alors dans la zone et près de 88% du territoire de Gaza est désormais soumis à un ordre d’évacuation israélien ou inclus dans une zone militarisée israélienne.

La situation humanitaire à Gaza est « moralement inacceptable », a affirmé mardi le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa.

« Nous avons vu des hommes attendre pendant des heures sous le soleil dans l’espoir d’un simple repas », a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a alerté sur le risque « extrêmement élevé » de violations graves du droit international après l’extension des opérations israéliennes.

– « Situation effroyable » –

L’Organisation mondiale de la Santé avait annoncé lundi que son principal entrepôt à Deir el-Balah avait été attaqué et que des soldats israéliens étaient entrés dans la résidence de son personnel dans ce secteur. 

« Le personnel masculin et des membres de leur famille ont été menottés, déshabillés, interrogés sur place et contrôlés sous la menace d’une arme », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Après un appel lancé par 25 pays à la fin « immédiate » de la guerre, la France a réclamé mardi que la presse internationale « puisse accéder à Gaza pour montrer » ce qu’il s’y passe.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, était interrogé sur la radio France Inter sur le cas de plusieurs collaborateurs de l’Agence France-Presse sur place qui se trouvent dans « une situation effroyable », selon la direction de l’agence.

« Nous avons perdu des journalistes dans des conflits, nous avons eu des blessés et des prisonniers dans nos rangs, mais aucun de nous n’a le souvenir d’avoir vu un collaborateur mourir de faim », a souligné la SDJ de l’AFP ce lundi.

« Parce que la liberté de la presse et le droit d’informer sont aussi des piliers de nos démocraties », a déclaré la commissaire européenne chargée de la gestion des crises Hadja Lahbib, « Israël doit laisser la presse faire son travail et garantir son accès. Les journalistes et les civils ne peuvent pas, et ne doivent pas, être des cibles ».

« Il est plus que temps que les médias internationaux se rendent à Gaza », a commenté Juliette Touma, porte-parole de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), soulignant « l’excellent travail accompli par les journalistes palestiniens locaux, qui paient un lourd tribut ».

L’ONG Reporters sans frontières affirmait le 7 mai que « l’armée Israélienne a tué près de 200 journalistes, dont au moins 44 dans l’exercice de leurs fonctions », un sinistre record de tous les conflits de part le monde.

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