FRANCE / HOMMAGES : Lyon Paris, deux endroits, deux ambiances
Saluts Nazi et chants racistes à Lyon lors d’une marche en hommage à Q. Denraque, jeune militant d’extrême-droite tué y’a une semaine par des militants de l’ultra gauche, et manifestation dans le calme à Paris pour réclamer « justice », cinq semaines après la mort de E-H. Diarra lors d’une garde à vue dans un commissariat du XXe arrondissement de la capitale.

- LYON : Hommage à Q. Deranque
Dans la foule, pas de drapeau d’organisations, mais des symboles identitaires et nationalistes, des saluts nazis et des insultes homophobes et racistes, ont été remarqués tout au long de la marche. La préfecture a annoncé son intention de saisir la justice.
Un homme armé au crane rasé et rangers a été interpellé dans le calme.
En tête de cortège, des jeunes femmes membres du collectif identitaire Némésis tiennent des roses blanches. Des pancartes « l’extrême gauche tue » côtoient des drapeaux tricolores. « Jeune Garde en prison, libérez la ville de Lyon », scandent des manifestants.
La marche avance dans un calme tendu même si une voisine jette un œuf depuis un immeuble, tandis que d’autres ont accroché à leur fenêtre « Lyon est antifa » ou « L’amour est supérieur à la haine ». Quand quelques contre-manifestants s’approchent trop, les policiers s’interposent.
Pour éviter toute violence, le ministère de l’Intérieur et la préfecture du Rhône avaient déployé un dispositif sécuritaire conséquent. Renforts de CRS, de gendarmes mobiles et deux drones surveillent la foule.
- PARIS : Hommage à E-H Diarra
« Nous avons voulu faire cette manifestation pour avoir des explications face aux policiers qui l’ont tué froidement, pour avoir la justice », a expliqué à l’AFP un cousin de la victime, Moussa Diarra, au départ de la manifestation, boulevard Barbès (XVIIIe arrondissement).
Le cortège, notamment composé de divers collectifs et parsemé de drapeaux du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), s’est élancé précédé d’une banderole disant « Justice et vérité pour El Hacen Diarra, assassiné par la police ».
Le Mauritanien de 35 ans est décédé dans la nuit du 15 au 16 janvier durant sa garde à vue, après avoir été interpellé au pied de son foyer de travailleurs.
Sa famille dénonce des violences policières. Sur une vidéo tournée par un voisin, on voit deux policiers, dont l’un, à genoux, donne deux coups de poing en direction de l’homme, qui se trouve au sol.
Cinq jours après les faits, le parquet de Paris avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique ».
A propos de l’absence d’images provenant des caméras-piéton des policiers intervenus, l’autorité judiciaire avait indiqué que ces caméras, que doivent porter sur eux les policiers, « n’étaient pas fonctionnelles, du fait selon eux de la décharge de leur batterie, ce qui a été vérifié par l’officier », sans plus de précision sur les fonctions de cet officier.
Le 25 janvier, plusieurs milliers de personnes avaient déjà défilé à Paris pour soutenir la famille de la victime.
