FRANCE / RELIGION : L’obsession du voile et de l’Islam
Encore un énième débat sur le voile, l’islam : Renaissance, dirigé par Gabriel Attal, souhaite interdire le voile dans l’espace public pour les mineures de moins de quinze ans, et prône une « deuxième loi séparatisme » après celle adoptée en 2021. Une mesure, au delà de son caractère inapplicable, suscite des doutes au sein de sa propre famille politique.

Un rapport sur les Frères musulmans commandé par le gouvernement dont les auteurs, se contentant souvent de vagues généralités sur l’Islam et les musulmans avec usage du conditionnel dans presque chaque phrase, le tout sans apporter de vrais chiffres concrets ni études sociologiques incontestées, s’inquiètent d’une « rigorisation de la pratique religieuse », avec une « explosion du nombre de jeunes filles portant une abaya et l’augmentation massive et visible de petites filles portant le voile ». Phénomène touchant des jeunes filles « parfois [âgées de] 5-6 ans », qui « apparaît soutenu par un puissant réseau wahhabo-salafiste ».
Renaissance propose en conséquence « pour les mineurs de moins de 15 ans, d’interdire le port du voile dans l’espace public, notamment car cela porte gravement atteinte à l’égalité homme-femmes et à la protection de l’enfance ».
Le parti, qui tiendra lundi une convention thématique sur les questions régaliennes, souhaite instaurer « un délit de contrainte au port du voile contre les parents qui contraindraient leurs jeunes filles mineures à porter le voile ».
Une proposition qui a fait réagir le patron du RN Jordan Bardella: « Tenter désespérément de faire parler de soi et d’exister vaut bien quelques revirements à 180 degrés », a-t-il ironisé sur X, en publiant une vidéo d’un débat entre lui et Gabriel Attal avant le second tour de la présidentielle de 2022, ou l’ex-premier ministre fustigeait à l’époque la chasse aux femmes voilées, si Marine Le Pen était élue.
Le député GénérationS Benjamin Lucas a lui constaté sur X, « l’effet du nouveau pontificat : Jean-Marie Le Pen est ressuscité ».
Renaissance préconise par ailleurs l’adoption d’une « deuxième loi séparatisme appelée +loi contre l’entrisme islamiste+ », après celle adoptée en 2021, portée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin.
Ce texte porterait la création d’un « délit de communautarisme qui complètera le délit de séparatisme », « sanctionnant l’appel à refuser les lois de la République ou la volonté d’imposer dans un territoire ou une association des règles contraires à celles de la République ».
Renaissance tient lundi la première restitution des conventions thématiques initiées par Gabriel Attal, qui dirige le parti depuis décembre. Les sujets économiques et sociaux feront l’objet d’une convention le 10 juin. Celle consacrée à l’écologie est prévue fin juin.
