CLIMAT : Des canicules de plus en plus dangereuse
Coup de chaleur, problèmes cardiovasculaires… Les effets délétères des fortes chaleurs sur l’organisme notamment des personnes âgées ou des enfants commencent à peine à peine à préoccuper les pouvoirs publiques qui ont toujours relégué la question de l’écologie au derniers rang

Frappée depuis près d’une semaine par des chaleurs étouffantes, la France s’apprête à voir les températures monter encore – parfois au-delà de 40°C -, les météorologues prévenant que l’épisode pourrait durer quasiment jusqu’en juillet et s’annonce comparable à l’emblématique canicule de 2003.
L’Europe de l’ouest, plus largement, est touchée par ce phénomène moins d’un mois après une première canicule. Mais cet épisode de chaleur était resté relativement court, alors que la vague actuelle s’annonce plus longue.
Ce constat alimente les interrogations sur les effets pour la santé d’une canicule se prolongeant au-delà de seulement quelques jours, comme cela avait été le cas à l’été 2003, où la canicule avait duré plus de deux semaines et tué plus de 70.000 personnes.
La question est d’autant plus prégnante que les chercheurs s’attendent à ce que les canicules soient non seulement plus fréquentes mais aussi de plus en plus longues en raison du réchauffement climatique. Une étude, parue en 2025 dans la revue Nature Geoscience, soulignait que la durée des vagues de chaleur augmente plus vite que prévu.

Mais les effets de cette accélération sur la santé sont difficiles à évaluer car ils tardent parfois à se traduire: sur le moment, les fortes températures peuvent provoquer des coups de chaleur et des déshydratations parfois mortelles, mais elles peuvent aussi aggraver des pathologies existantes, notamment cardiovasculaires et respiratoires, auquel cas le décès ou l’hospitalisation peut avoir lieu après plusieurs jours.
« La canicule entraîne une surquantité de décès et on sait qu’il y a un impact cinq à dix jours après le début de la canicule », a rappelé lundi matin la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, sur TF1. « En fait, on rentre dans ces jours-là, dans cette semaine où l’impact apparaît et donc on va être très vigilant dans les jours qui viennent. »
Surtout, après plusieurs jours de canicule, une interrogation apparaît: sur des organismes déjà fatigués par la chaleur, l’exposition aux températures élevées a-t-elle des effets de plus en plus marqués ?
– Le sommeil menacé –
La littérature scientifique reste mesurée sur le sujet et peu d’études se sont spécifiquement penchées sur les conséquences directement liées à la durée de la canicule. Déjà anciens, certains travaux apportent toutefois quelques éléments de réponse.
Une étude, publiée en 2011 dans la revue Epidemiology, à partir de données sur une centaine de vagues de chaleur aux Etats-Unis, concluait ainsi à un « petit effet » aggravant pour les épisodes durant plus de quatre jours.
Mais le plus souvent, le risque se résume « à l’effet isolé des températures de chaque jour »: autrement dit, le dixième jour d’une canicule n’est pas forcément plus dangereux ou meurtrier que le troisième.
Plus largement, les études ne vont pas toutes dans le même sens. « Certains travaux concluent à un effet d’accumulation significatif sur la mortalité, mais d’autres enregistrent des conclusions différentes d’une ville à l’autre », arrivant parfois à la conclusion que la durée d’exposition à la chaleur n’a qu’un effet « minimal ou négligeable », selon un travail de synthèse publié en 2018 dans la revue Science Of The Total Environment.
Reste que ces dernières années, la recherche a progressé sur certains aspects sanitaires des fortes chaleurs, ce qui pourrait potentiellement changer la donne.
C’est notamment le cas des effets nuisibles des canicules, voire simplement de la chaleur, sur le sommeil. Or, l’effet négatif d’un mauvais sommeil, en matière de santé physique comme mentale, tend à s’accumuler au fil des nuits difficiles, en perturbant les capacités de récupération de l’organisme.
Une synthèse de plusieurs études scientifiques, publiée mi-2024 dans la revue Sleep Medicine, soulignait ainsi que « la hausse des températures induite par le changement climatique et l’urbanisation constitue une menace planétaire pour le sommeil »
