UE / AUTOMOBILE : Volkswagen « Made In China » à toute vitesse

Volkswagen a déclaré désormais construire entièrement ses voitures électriques depuis ses sites chinois, une stratégie pour réduire ses coûts et être plus compétitif. Une question s’impose alors : quid de la critique dans l’UE des voitures électriques chinoises parce qu’elle sont chinoises ?

Le groupe a étendu la capacité de son centre de production et d’innovation de Hefei (est de la Chine) et peut maintenant y « développer, tester et fabriquer localement la prochaine génération de véhicules intelligents et connectés », salue le président du directoire Oliver Blume dans un communiqué.

Ainsi, « les coûts d’un nouveau modèle, dans certains projets clés, peuvent être réduits de jusqu’à 50% » par rapport à ceux en Europe, grâce aux fournisseurs locaux et aux infrastructures chinoises, assure le groupe.

Les nouvelles installations de Hefei contribuent aussi à réduire de 30% le temps de développement des véhicules électriques.

C’est la première fois dans l’histoire de Volkswagen que des véhicules peuvent être construits entièrement en dehors de l’Allemagne.

Oliver Blume veut ainsi « consolider durablement » la position de Volkswagen sur le premier marché automobile mondial, face aux droits de douane américains et à la morosité du marché européen.

Sur les neufs premiers mois de 2025, le constructeur aux dix marques a écoulé environ 28% de sa production de voitures en Chine, en hausse de 8,5% sur un an. 

Mais la part du marché du groupe de Wolfsbourg est sous pression, face à une intense concurrence, notamment dans l’électrique où le constructeur BYD a plusieurs longueurs d’avance. 

« Nos clients (chinois) attendent des mises à jour technologiques rapides tout en exigeant les normes les plus élevées en matière de qualité et de sécurité », ajoute Ralf Brandstätter, directeur du groupe en Chine.

« Notre stratégie ‘En Chine, pour la Chine’ prend de l’ampleur », résume M. Blume.

Le groupe réfléchit en même temps à exporter ces véhicules produits localement « vers des marchés en forte croissance », en Asie du Sud-est, au Moyen-Orient et à plus long terme en Amérique du Sud.

Après six trimestres consécutifs de bénéfices en recul, le géant automobile a enregistré au troisième trimestre une perte nette de 1,07 milliard d’euros et lancé un plan d’économies de 6 milliards d’euros avec des suppressions d’emplois en Allemagne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *