USA : Trump en « guerre » contre les villes démocrates

L’administration Trump a décrit dimanche Chicago comme une « zone de guerre » pour justifier l’envoi de troupes. Des éléments de langages que la maison blanche fait tourner en boucle pour appuyer l’offensive du président contre les villes démocrates. Le maire de Portland, Brandon Johnson dénonce des « mesures anticonstitutionnelles ».

Le président américain Donald Trump a signé samedi un décret pour l’envoi de 300 gardes nationaux à Chicago, dans l’Illinois, afin de « protéger les agents et biens fédéraux », selon la Maison Blanche.

Cette annonce a été vivement critiquée dans les rangs de l’opposition démocrate, le sénateur de l’Illinois, Dick Durbin, estimant que le « président ne cherche pas à combattre la criminalité, mais à répandre la peur ». 

« Ce sont eux qui transforment cette ville en zone de guerre », a renchéri dimanche le gouverneur démocrate de l’Illinois, JB Pritzker, sur la chaîne CNN, décrivant de multiples raids et appelant au départ des troupes.

Dans un communiqué, le gouverneur a qualifié le déploiement de militaires à Chicago d' »invasion de Trump ». « Il n’y a aucune raison » d’envoyer des soldats dans l’Illinois ou dans n’importe quel autre Etat sans « la connaissance, le consentement ou la coopération » des autorités locales.

Un sondage CBS publié dimanche a révélé que 58% des Américains s’opposent au déploiement de la Garde nationale dans les villes.

– Manifestations à Portland –

La mégapole du nord du pays est la cinquième ville démocrate où le président Trump a ordonné le déploiement de la Garde nationale, une mesure jusqu’alors tout à fait exceptionnelle.

Les gardes nationaux ont déjà été déployés ces derniers mois à Los Angeles, Washington et Memphis, à chaque fois malgré l’opposition des responsables locaux.

A Washington, le président américain assure que cela a permis de « nettoyer » la capitale.

« On y est beaucoup plus sûrs. Avant (le déploiement de troupes), c’était littéralement une zone de guerre », a justifié dimanche sur NBC le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson.

Un déploiement similaire à Portland, a été bloqué à titre temporaire à deux reprises, samedi et dimanche, par une juge fédérale, Karin J. Immergut, qui a souligné qu’il n’y avait pas « d’insurrection à Portland ni de menace pour la sécurité nationale ».

Malgré la première décision de justice bloquant l’envoi de la garde nationale à Portland, la gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, a indiqué dimanche, dans un communiqué, qu’un contingent de « 101 » gardes nationaux venant de Californie y avaient été déployés obligeant la juge à prendre un deuxième arrêt pour suspendre l’envoi à Portland de militaires venus de Californie.

« Le président (Trump) ne peut pas continuer à jouer au chat et à la souris avec les unités de la Garde nationale des différents États pour contourner les décisions de justice et l’État de droit », s’est insurgé le procureur général de l’Oregon Dan Rayfield sur son compte X.

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom a dénoncé de son côté « l »abus de pouvoir » de Donald Trump.

– « Pas d’insurrection » –

Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité absolue de son second mandat depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.

Plusieurs manifestations et actions contre la police de l’immigration ont eu lieu dernièrement, notamment dans les villes dites « sanctuaires » telles que Portland ou Chicago, où les migrants en situation irrégulière et menacés d’expulsions sont protégés.

Dimanche, le président américain, qui a dit vouloir mardi utiliser les militaires contre l' »ennemi de l’intérieur », a affirmé, sans preuves, que « Portland est en train de brûler. Il y a des insurgés partout ».

Les gardes nationaux, réservistes de l’armée, sont formés pour intervenir dans des situations de catastrophes naturelles mais ils peuvent également combattre à l’étranger.

Donald Trump menace d’envoyer des militaires également à New York ou Baltimore, d’autres grandes villes démocrates.

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