GAZA / MADLEEN : Mobilisations populaires en France

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées en France à l’appel de la gauche pour s’inquiéter du sort des militants présents sur un bateau pour Gaza intercepté par les autorités israéliennes « illégalement » dans les eaux internationales

Lille, Lyon, Toulouse, Strasbourg, Nice, ou encore place de la République à Paris… Équipés de drapeaux palestiniens, de banderoles et au son de chants comme « Libérez la Palestine » ou « Gaza, Gaza, on est tous avec toi », ces manifestants ont appelé à la « libération » des douze militants du voilier « Madleen » et à la poursuite de leur mission humanitaire, ont constaté plusieurs équipes de l’AFP à travers la France.

La France insoumise (LFI) a revendiqué 150.000 manifestants en France dont 50.000 à Paris (8.000 selon la préfecture de police), et « près de 200 rassemblements » dans le pays. La police nationale a elle comptabilisé, en dehors de la capitale, 24.700 personnes réunies dans 97 actions.

Le voilier avec à son bord 12 militants français, allemand, brésilien, turc, suédois, espagnol et néerlandais, est parti d’Italie le 1er juin pour « briser le blocus israélien » à Gaza, en proie à une situation humanitaire désastreuse après plus de dix-huit mois de guerre. Il transporte notamment la militante écologiste suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée française Insoumise Rima Hassan, ainsi que de l’aide humanitaire.

– « Piraterie » –

Présent place de la République à Paris aux côtés d’autres représentants de partis de gauche, le leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon a qualifié la manœuvre israélienne « d’acte de piraterie internationale ».

« Nous craignons le pire, car ceux qui ont procédé à cet arraisonnement sont capables du pire et l’ont montré en toutes circonstances », a lancé devant la presse l’ancien candidat à l’élection présidentielle française, avant de rejoindre le centre de la place de la République, remplie de plusieurs milliers de personnes. 

Il a regretté la réaction du gouvernement français, qui « n’a, semble-t-il, rien à dire à propos d’un acte de piraterie ». Il a également appelé à un nouveau « grand rassemblement du peuple français au service des Palestiniens » samedi en France.

Le président français Emmanuel Macron avait de son côté « demandé de permettre, dans les plus brefs délais, le retour en France » des six ressortissants français, selon l’Elysée. 

Il a affirmé dans la soirée que la France était « vigilante » et « aux côtés de tous ses ressortissants lorsqu’ils sont en danger », assurant que le pays avait « passé tous les messages » à Israël pour que « la protection » de ces militants « soit assurée ». Le blocus humanitaire à Gaza est « un scandale » et une « honte », a-t-il également martelé.

– « Protection consulaire » –

« Dès l’arraisonnement du navire, nous avons demandé à pouvoir exercer notre protection consulaire à leur égard », a dit le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, sans toute fois dire un mot sur l’illégalité de l’action de l’armée israélienne.

Les six militants français arrêtés « illégalement » par les autorités israéliennes ont reçu la visite de diplomates français, deux d’entre eux ont accepté d’être expulsé dès ce mardi. Les deux ressortissants ayant signé un document autorisant cette expulsion sont un journaliste pour la chaîne qatarie Al Jazeera, Omar Faiad, et un médecin, Baptiste André, a précisé une source diplomatique française.

Outre les deux militants français ayant accepté de signer les papiers permettant leur expulsion, la militante suédoise Greta Thunberg a quitté Israël mardi à bord d’un avion pour la Suède via la France.

Les partis de la gauche française, comme Amnesty International, estiment que l’interception du bateau s’est produite en « bafouant » le droit international. 

A Lille, 900 personnes étaient également rassemblées dans la soirée, selon la préfecture. « La France des lumières éteintes en Palestine », « halte au massacre en Palestine » pouvait-on y lire sur des panonceaux. 

Ils étaient environ un millier à Strasbourg, dans une ambiance bruyante, selon un journaliste de l’AFP. « C’est absolument insoutenable (…) Je pensais que le droit international pouvait nous servir de boussole », a dit Mounia Fraih, manifestante de 69 ans.

A Toulouse, les organisateurs ont décompté « au moins 5.000 personnes » sur la place du Capitole. « Je suis là pour qu’on entende parler plus de ça », pour « (qu’Emmanuel) Macron et tout le gouvernement entendent que le peuple français n’est pas en adéquation avec toutes les décisions qu’ils prennent », a estimé Antoine, 20 ans.

Et à Marseille, quelque 950 personnes, selon la préfecture de police, se sont rassemblées au Vieux Port. Puis un cortège est parti déambuler sans incident dans plusieurs artères de la ville, en scandant notamment « Gaza, Gaza, Marseille est avec toi ».

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